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Allergie iode : l’allergie à l’iode

Lundi 24 mars 2008

allergie iode, allergie à l'iode

 

 

Certaines personnes peuvent être allergiques à des produits contenant de l’iode, comme par exemple au produit contrastant injecté pour des examens de radiologie ou encore certains fruits de mer.
Une information à été répandue que l’on pouvait être allergique à l’iode, c’est faux.

Les produits susceptibles d’induire une “allergie à l’iode” contiennent tous de l’iode, mais ce sont des substances différentes qui interviennent dans le cas de l’allergie.
Pour la Bétadine, c’est la povidone (le véhicule de l’iode) qui est responsable, pour les produits de contraste iodés, l’osmolalité est mise en cause, et pour les produits de la mer (poissons et crustacés) ce sont des protéines musculaires.
Il n’existe donc aucune réaction croisée ni de facteurs de risques.
De plus, il n’y a aucune allergie rapportée dans le cas d’utilisation de solution alcoolique ou aqueuse d’iode (solution de Lugol, teinture d’iode, etc.)

Il existe trois entités cliniques distinctes qu’on semble retrouver sous la dénomination “allergie iode“: la réaction pseudo-allergique aux produits de contraste radiologique (PCR) qui est très fréquente, l’allergie de contact ou dermite de contact aux désinfectants à base d’iode qui est très rare et les réactions aux fruits de mer qui sont relativement fréquentes.

Pourtant, tous les individus présentant l’une ou l’autre de ces réactions puisent leur iode dans la nourriture, sans avoir de réaction indésirable : c’est donc qu’ils n’y sont pas allergiques.
L’iode est un atome essentiel à la vie, et les besoins minimaux quotidiens en iode sont de l’ordre de 50 µg.

En fait, c’est l’expression allergie à l’iode qui est erronée et qui entretient la confusion à ce sujet : on devrait distinguer clairement chacune des trois entités mentionnées ci-haut, et les appeler par leur nom distinctif.

Ces réactions peuvent être classifiées en trois catégories :
Légères (nausées, vomissements peu abondants, urticaire légère, prurit et diaphorèse)
Modérées (faiblesse, vomissements graves, urticaire importante, oedème facial ou laryngé ou bronchospasme léger)
Graves (oedème pulmonaire, arrêt respiratoire, chute grave de la tension artérielle, arrêt cardiaque, perte de conscience ou convulsions).

Les articles sur l’allergie à l’iode ont été nombreux ces dernières années et les erreurs d’interprétation l’ont été tout autant.
Il peut donc sembler opportun aujourd’hui de refaire un point sur cette fameuse supposée et traquée « allergie à l’iode »

Pour évoquer le phénomène allergique en radiologie, on parlera désormais d’hypersensibilité allergique ou non allergique, avec un effet immédiat, c’est-à-dire observé en moins d’une heure, ou retardé (de 1h a 7 jours)

Réactions aux fruits de mer et iode : attention !

Il s’agit, soit d’une vraie allergie médiée par les IgE à une protéine de mollusque ou de crustacé, soit d’une pseudo-allergie due à une libération d’histamine non IgE-médiée, consécutive à une ingestion assez importante de crustacés.
Dans les deux cas, l’iode n’y est pour rien.

Dans le premier cas, le test d’allergie au fruit de mer en question est positif, et il y aura risque de réaction anaphylactique si le patient en mange à nouveau.
Dans le second cas, le test d’allergie est négatif et la réaction ne se répète généralement pas lors d’une ingestion ultérieure, à moins que celle-ci soit assez importante.

Encore une fois, une réaction pseudo-allergique aux PCR n’indique pas que le patient présente un risque accru de réaction allergique aux fruits de mer.
Etant donné l’incidence de ces deux entités, il est possible qu’un patient ait présenté à la fois une réaction pseudo-allergique aux PCR et une allergie aux fruits de mer, mais il s’agit alors de deux problèmes différents.

Dans la littérature médicale, on ne retrouve aucun article sur l’allergie à l’iode, bien que l’expression soit fréquemment utilisé dans le milieu médical et paramédical : cette expression populaire maintient la confusion autour du mot iode, alors que en fait elle englobe trois entitées cliniques différentes.
On ne devrait donc plus l’utiliser mais plutôt employer le terme propre à chaque entité.

Ainsi, lorsqu’un patient déclare une allergie vraie aux produits de la mer, il ne faut guère croire au principe de précaution avec l’éviction de tous les produits iodés : l’allergène n’est pas le même.