Les biberons avec du bisphénol A seront interdits au Canada en 2009

Le gouvernement du Canada a annoncé qu’il entreprendra dès maintenant la rédaction d’un règlement visant à interdire l’importation et surtout la vente de biberons en polycarbonate qui contiennent du bisphénol A, ainsi que la publicité sur ces produits. Le gouvernement prendra également des mesures pour limiter les quantités de bisphénol A rejetées dans l’environnement. A quand une interdiction similaire en France ?
Des déclarations de ministres canadiens sur le Bisphénol A
« En 2007, nous avons lancé un défi à l’industrie en vertu de notre Plan de gestion des produits chimiques, en lui demandant de nous fournir des renseignements sur la manière dont elle gère le bisphénol A », a déclaré l’honorable Tony Clement, ministre de la Santé au Canada. « L’annonce d’aujourd’hui marque une étape déterminante pour notre gouvernement et pour le Canada, qui devient ainsi le premier pays au monde à réglementer cette substance. »
« Un grand nombre de Canadiens, en particulier des mères de bébés et de jeunes enfants de ma circonscription d’Ottawa Ouest-Nepean, m’ont fait part de leurs inquiétudes au sujet des risques associés à la présence du bisphénol A dans les biberons », a déclaré le ministre canadien de l’environnement, John Baird. « La confirmation de l’interdiction de l’usage du BPA dans les biberons, que nous annonçons aujourd’hui, prouve que notre gouvernement a agi correctement en adoptant des mesures visant à protéger la santé et l’environnement pour tous les Canadiens. »
L’évaluation du bisphénol indique que la population en général n’a pas à s’inquiéter. Et bien que cette évaluation ait porté essentiellement sur les effets du bisphénol A sur les nouveaux-nés et les bébés de moins de 18 mois, les risques pour la santé des Canadiens de tous âges ont été examinés.
Exposition des bébés et des nourrissons au bisphénol A
Il a été déterminé que les principales sources d’exposition chez les nourrissons et les bébés proviennent de l’usage de biberons en polycarbonate chauffés à haute température et la migration du bisphénol A dans les boîtes métalliques vers les préparations pour nourrissons.
Les scientifiques qui ont mené cette étude ont conclu que les niveaux d’exposition au bisphénol A chez les nourrissons et les bébés sont inférieurs à ceux qui entraînent des effets; cependant, en raison des incertitudes soulevées par d’autres études sur les effets potentiels du bisphénol A à faibles concentrations, le gouvernement du Canada met en place des mesures pour protéger les nourrissons et les jeunes enfants.
Le Bisphénol A et l’environnement
Les scientifiques d’Environnement Canada ont constaté que le bisphénol A pénètre dans l’environnement par les eaux usées, les résidus de lavage et les percolats de décharge. De plus, le bisphénol A se décompose lentement dans l’environnement en l’absence d’oxygène. L’effet combiné de cette lente décomposition et du vaste usage du bisphénol A au Canada laisse supposer que ce composé chimique pourrait, au fil du temps, s’accumuler dans les eaux et nuire ainsi aux poissons et autres organismes.
Plus d’un million de dollars pour la recherche sur le Bisphénol A au Canada
Le gouvernement investira une somme supplémentaire de 1,7 million de dollars au cours des trois prochaines années pour financer des projets de recherche sur le bisphénol A. Ces recherches, qui s’ajoutent aux études approfondies actuellement menées par Santé Canada et Environnement Canada, aideront à combler les principales lacunes des connaissances scientifiques au Canada et sur la scène internationale, ainsi qu’à étayer la prise de décisions du gouvernement si d’autres mesures s’avéraient nécessaires.
Le rapport final d’évaluation préalable et la stratégie proposée de gestion des risques seront publiés dans la Gazette du Canada, Partie I, le 18 octobre 2008. La publication de la stratégie proposée de gestion des risques sera suivie d’une période de consultation de 60 jours. La réglementation devrait entrer en vigueur en 2009, une bonne nouvelle pour les générations futures.
Le ministre de la Santé, et John Baird, ministre de l’environnement, ont annoncé que le gouvernement allait prendre des mesures pour protéger la santé des Canadiens et l’environnement d’un autre produit chimique préoccupant.
Le Canada est le premier pays au monde à effectuer une évaluation du bisphénol A en collaboration avec l’industrie et d’autres intervenants, et à tenir une consultation publique de 60 jours pour déterminer s’il faut interdire l’importation, la vente et la publicité des biberons de polycarbonate qui contiennent du bisphénol A.
Évaluation des risques de santé face au Bisphénol A
« Le Canada est le premier pays au monde à évaluer les risques présentés par certains produits chimiques préoccupants, après que le premier ministre a annoncé une nouvelle initiative intitulée Plan de gestion des produits chimiques, le 8 décembre 2006, a déclaré le ministre Clement. Nous nous sommes empressés de prendre des mesures à l’égard du bisphénol A, parce que nous croyons que c’est notre devoir d’assurer que les Canadiens et notre environnement ne sont pas exposés à un produit chimique potentiellement nocif. »
Bien que l’évaluation préliminaire du bisphénol A de Santé Canada portait principalement sur son incidence sur les nouveau-nés et les nourrissons âgés d’au plus 18 mois, l’évaluation a tenu compte des risques pour la santé des Canadiens de tous les âges.
Des études ont déterminé que la principale source d’exposition des nouveau-nés et des nourrissons se produit lorsque le biberon de polycarbonate est exposé à une température élevée, et lorsque le bisphénol A, imprégné dans le revêtement des boîtes de préparation pour nourrissons, migre dans la préparation liquide.
Les scientifiques ont conclu dans leur évaluation que l’exposition des nouveau-nés et des nourrissons au bisphénol A est inférieure aux niveaux générateurs d’effets sur la santé. Cependant, l’écart entre cette exposition et l’effet sur la santé n’est pas assez grand.
Pour de plus amples renseignements, visitez le site internet canadien Substances chimiques
Le Guide de toxic nation sur les “biberons toxiques” : Comment éviter l’exposition au bisphénol A
Le bisphénol A est un perturbateur endocrinien présent dans 90 % à 95 % des biberons en plastique vendus au Canada. Il entre dans la composition du plastique polycarbonate dont on se sert pour fabriquer ces bouteilles d’eau et biberons réutilisables, transparents ou teintés, si populaires auprès du public. Certaines bouteilles Nalgene en contiennent, tout comme la paroi de certains récipients alimentaires et les résines de scellement utilisés en dentisterie.
Au Canada, le fond des bouteilles en plastique contenant du bisphénol A affiche un symbole de récupération accompagné du chiffre 7 ou des lettres PC. Le code 7 désigne les matières plastiques classées dans la catégorie « Autres », dont le polycarbonate.
Vous trouverez sur le site de toxic nation une liste de sites internet qui proposent des biberons sans bisphénol A, ce sont des sites web canadiens mais certains livrent dans le monde entier.
Il est possible de réduire au minimum l’exposition de votre enfant au bisphénol A en adoptant les mesures suivantes :
- Utilisez des bouteilles fabriquées en verre ou en polypropylène (code 5) plutôt qu’en polycarbonate (code 7).
Si vous continuez à utiliser des bouteilles en polycarbonate, évitez de les laver avec des détergents puissants ou au lave-vaisselle. Ces agents contribuent à détruire les liaisons qui forment le plastique, libérant ainsi le bisphénol A.
- Lavez les plutôt à l’eau chaude savonneuse avec une éponge.
- Évitez de faire chauffer les récipients en polycarbonate au micro-ondes. Utilisez plutôt des contenants en verre ou en céramique.
- Évitez d’utiliser les préparations pour nourrisson offertes dans des boîtes de conserve dont la paroi est tapissée d’un revêtement époxydique au bisphénol A.
- Réduisez votre consommation d’aliments et de boissons en conserve. Vous limiterez ainsi l’exposition des membres de votre famille au bisphénol A présent dans la paroi des contenants.
- Évitez aussi les conserves très acides (tomates, etc.) ou grasses (poisson dans l’huile, etc.), car le bisphénol A réagit au contact des acides et des lipides.
Source de l’image : Flickr / emmaleehughes


