soigner la goute

 


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Le traitement de la goutte

 

 

Le traitement de la goutte :

Votre médecin n’aura aucun mal à traiter votre crise de goutte.
Les anti-inflammatoires et la colchicine sont efficaces. Une infiltration est plus puissante et plus rapide.
Une question plus épineuse est celle du traitement de fond. En l’absence de complications à long terme de l’excès chronique d’acide urique, il ne devrait pas être systématique. Il est parfois même prescrit en l’absence de crise de goutte préalable.

Cela peut sembler raisonnable et prudent quand les taux sanguins d’acide urique sont très élevés, mais le bénéfice n’est pas démontré. Quand il y a eu complication, 2 situations se présentent :
1) Vous avez des crises répétées, s’enchaînant presque pour aboutir à un rhumatisme quasi-chronique. N’hésitez pas à prendre régulièrement votre traitement de fond. Attention, les débuts peuvent être difficiles: paradoxalement le démarrage du traitement de fond peut entraîner des accès goutteux, surtout s’il est irrégulièrement suivi: il entraîne des variations brutales du taux sanguin d’acide urique qui déclenchent les crises. Votre médecin vous conseillera la couverture prolongée par un anti-inflammatoire les premiers mois.
2) Vous avez des crises espacées, rapidement contrôlées par les anti-inflammatoires. La pilule quotidienne n’est peut-être pas indispensable, surtout si vous n’avez aucun autre traitement et que vous risquez de l’oublier fréquemment. Des mesures préventives telles que boire beaucoup et éviter la consommation (abusive) d’aliments et boissons riches en purines, devraient suffire. Ayez toujours quelques comprimés anti-inflammatoires d’avance car pris très tôt (beaucoup de gens sentent arriver la crise par des impressions désagréables dans l’articulation), ils peuvent bloquer très efficacement l’accès goutteux. Source : http://rhumatologie.free.fr/biblioth/rhumatisme.html

Il comporte un traitement symptomatique qui est celui des crises aiguës et un traitement physiopathogénique qui est le traitement de fond.

TRAITEMENT DE LA CRISE AIGUE DE LA GOUTTE

C’est le traitement symptomatique qui doit être énergique et précoce. Il comprend le repos, le régime et les médicaments.

1) Le repos

C’est un repos au lit, l’articulation malade étant protégée du poids des draps par un arceau et une vessie de glace pouvant être placée à son contact pour calmer la douleur (les baumes calmants ont généralement moins d’efficacité). Ce repos durera tant que les manifestations douloureuses ne seront pas calmées.

2) Le régime

Il comporte une alimentation légère à base de légumes, de fruits, d’hydrates de carbone avec 2 litres d’eau minérale par jour, dont 1/2 litre d’eau de VICHY pour alcaliniser les urines, avec interdiction de l’alcool et également les tous premiers jours, interdiction des graisses et de la viande (les grandes règles du régime général de la goutte devant bien entendu être respectées durant la période).

3) Les médicaments

Une première règle s’impose : ne pas utiliser les corticoïdes : en effet la CORTISONE par voie générale a un effet favorable immédiat, mais sa suppression aboutit généralement à l’apparition d’une rechute et la répétition du traitement au long cours tend à avoir une action défavorable sur l’évolution générale de la goutte créant des formes rebelles aux autres traitements (goutte cortisonée).

En revanche les médicaments de la crise aiguë sont la COLCHICINE et les AINS en cas d’intolérance ou de résistance à la colchicine.

a) La COLCHICINE

C’est le traitement spécifique de la goutte. Son effet se manifeste en 10 à 24 heures en moyenne sur les douleurs et elle aboutit à la disparition totale de la crise en 3 à 4 jours en général.

Le traitement se fait aux doses suivantes en général :

3 comprimés à 1 mg le premier jour,
2 comprimés à 1 mg les deux jours suivants,
1 comprimé à 1 mg les trois ou quatres jours suivants,

Les inconvénients du traitement sont représentés essentiellement par de la diarrhée que l’on peut essayer de combattre par des spécialités comprenant de la poudre d’opium (COLCHIMAX). Voir votre médecin!

b) Les AINS

L’ASPIRINE n’est pas utilisée dans le traitement de la crise de goutte car elle interfère avec l’élimination urinaire de l’acide urique et n’est active qu’à forte dose dépassant souvent 3 grammes, . La phénylbutazone (groupe des pyrazolés) est déconseillée du fait des risques hématologiques d’agranulocytose.

Les AINS (FELDENE®, PROFENID®;,VOLTARENE® voir votre médecin) pourront donc être utilisés au besoin en remplacement de la COLCHICINE.

TRAITEMENT DE FOND OU TRAITEMENT DE LA DIATHESE HYPERURICEMIQUE (GOUTTE)

Son but est de réduire la surcharge uratique.

Ses moyens sont représentés par le régime hypopurinique, l’augmentation de la diurèse, l’utilisation d’uricoéliminateurs ou d’uricoinhibiteurs.

1) Le régime

Il doit être associé à une vie réglée sans surmenage, mais avec une activité physique suffisante. Il consiste en :

- La suppression des aliments riches en nucléoprotéines (abats, anchois, sardines, etc…) et de l’alcool.
- La diminution de la ration calorique de base (pas plus de 2 000 calories) avec une diminution portant particulièrement sur les protéines et les lipides.
- L’augmentation des boissons (eau d’EVIAN ou de VITTEL 1 litre 1/2 par jour, de VICHY 1/2 litre par jour pour alcaliniser les urines).

2) Les uricoéliminateurs ou uricosuriques

Ils ne sont plus représentés que par la BENZBROMARONE (DESURIC®) comprimés à 100 mg, à la posologie de 1 à 2 comprimés par jour selon les cas.

Les inconvénients généraux sont représentés par la possibilité d’aggravation d’une insuffisance rénale parfois mais surtout le déclenchement d’une crise de coliques néphrétiques ou d’une crise articulaire lors de leur institution.

Leurs contre-indications sont donc représentées essentiellement par l’insuffisance rénale et la lithiase mais aussi par les hyperuraturies supérieures à 7OO mg par 24 heures ( > 4OOO mmol/24 heures ).

Les précautions d’emploi sont les suivantes :

- Le traitement ne doit jamais être mis en oeuvre moins de 8 jours après la guérison d’une crise aiguë,
- Il doit être institué progressivement (1 comprimé puis 10 jours plus tard 2 comprimés si l’uricémie reste anormalement élevée, etc…)
- Il doit toujours être institué sous couvert de la COLCHICINE (1 mg/jour pendant les 4 à 6 premiers mois, puis tous les 2 jours si aucune crise n’est survenue, puis tous les 3 jours, etc…) jusqu’à suppression du produits si les crises aiguës ne se manifestent plus),
- Il doit être accompagné de la prise de boissons abondantes, bicarbonatées (1/2 litre d’eau de VICHY par jour, en plus de l’eau de VITTEL, et de l’eau d’EVIAN ou une cuillerée à café de bicarbonate de soude par litre d’eau non alcaline).
- Il ne faut pas associer l’ASPIRINE qui gêne l’action des uricoéliminateurs,
- Il doit être administré sans interruption et il ne doit pas être interrompu au cours des crises.

3) Les urico-inhibiteurs

Inhibant la production endogène d’acide urique, ils ne sont plus représentés que par l’allopurinol.

L’ALLOPURINOL (Zyloric®) se donne en comprimé à raison de 1OO à 3OO mg par jour. Il agit en inhibant l’action de la xanthine-oxydase qui transforme l’hypoxanthine et la xanthine en acide urique.

Les intolérances sont rares. Il peut être prescrit en cas de lithiase ou d’insuffisance rénale.

4) Autres moyens thérapeutiques

* L’urate oxydase (Uricozyme) est réservé à des hyperuricémies majeures en cas d’inefficacité ou de contre-indications aux uricoinhibiteurs et aux uricoéliminateurs -voie parentérale et usage hospitalier.
* Les cures thermales (EVIAN, CONTREXEVILLE, VITTEL) peuvent être intéressantes car elles permettent les cures de diurèse qui facilitent l’élimination de l’acide urique et sont intéressantes en particulier dans les formes rénales et dans les formes avec lithiase.
* Le début des cures est parfois marqué par une recrudescence des accidents aigus.
* L’ablation chirurgicale de certains tophus volumineux peut parfois être envisagée à titre complémentaire.

INDICATIONS THERAPEUTIQUES POUR LA GOUTTE

1) Dans les crises aiguës

Le traitement comportera soit COLCHICINE seule, soit un AINS à dose suffisante, soit leur association. On m’omettra pas le repos et le régime.

Le traitement sera poursuivi pendant tout la durée des phénomènes douloureux et on pourra poursuivre la COLCHICINE à raison de 1 mg par jour, quelques jours encore pour éviter le retour des phénomènes aigus.

2) En dehors des crises aiguës : le traitement de fond.

Dans tous les cas il faut imposer un régime hypouricémiant et des boissons abondantes, si possible en partie alcalinisées.

L’administration au long cours d’une médication uricoinhibitrice ou uricosurique pose des problèmes d’indication en fonction de la gravité de la goutte et de sa forme :

dans la goutte aiguë :

en cas de crises répétées ou d’uricémie haute (supérieure à 80 mg/l ou 480 mmol/l) un traitement urico-inhibiteur ou urico-éliminateur sera obligatoirement institué,

en cas de crises rares (1 crise par an par exemple) et d’uricémie modérée, on pourra essayer de se limiter au régime. Mais si les accidents aigus se répètent et si l’uricémie n’est pas bien contrôlée, il faudra secondairement envisager un traitement urico-inhibiteur ou uricosurique.

dans la goutte chronique , à distance d’une crise

En cas d’insuffisance rénale ou de lithiase : on prescrit un urico-inhibiteur (de même en cas d’uricurie supérieure à 700 mg par 24 heures),
S’il n’y a pas d’insuffisance rénale ou de lithiase : on peut utiliser indifféremment un uricosurique ou un urico-inhibiteur (parfois même dans certaines formes tophacées majeures leur association a pu être proposée),
En cas d’atteinte articulaire chronique douloureuse, on pourra compléter par quelques antalgiques ou anti-inflammatoires et préconiser éventuellement des cures thermales en milieu rhumatologique (AIX LES BAINS, DAX, etc…).

en cas d’hyperuricémie simple asymptomatique :

Si l’hyperuricémie est inférieure à 90 mg/l (540 mmol/l), on pourra se limiter à un régime adapté, des boissons abondantes, avec une surveillance clinique et biologique.
Si elle est supérieure à 90 mg/l, il faudra en plus donner un traitement urico-inhibiteur au long cours.
(Source : http://www.esculape.com/rhumato/)

Pour résumé,

Il y a deux vecteurs de traitement pour la goutte:

* réduire le taux d’acide urique dans le sang,
* soulager la douleur des crises d’arthrite de goutte.

Traitement de la crise fluxionnaire

La plupart du temps, c’est le soulagement de la douleur qui est le traitement principal. On utilise alors des anti-inflammatoires non stéroïdien (comme l’indométhacine), et les antalgiques simples (paracétamol). Boire beaucoup d’eau peut bien évidemment aider à diminuer l’acide urique. Appliquer de la glace localement (30 minutes 4 fois par jour) soulage aussi la douleur.

La colchicine est employé fréquemment en France mais beaucoup moins dans les pays anglo-saxons en raison de ses effets secondaires (diarrhée et autres)

D’autres traitements, quoique non vérifiés médicalement, peuvent soulager le patient durant une crise:

* bicarbonate de soude: 1/2 cuillère à thé dans un verre d’eau, toutes les 2-4 heures
* cerises: grâce à ses propriétés anti-oxydantes et sa haute teneur en anthocyanine, un anti-inflammatoire naturel
* vinaigre de cidre de pomme: 2 cuillères à thé de vinaigre et 2 cuillères à thé de miel dans un verre d’eau semblent aider durant une crise en changeant le pH du sang.

Traitement de la maladie goutteuse

Le régime diététique est encouragé avec une nourriture pauvre en purines:

* éviter les abats, les anchois, les consommés, les fruits de mer, les asperges, les épinards, les légumineuses.
* consommer de préférence : cerises, céleri, fraises, bleuets, produits laitiers faible en gras, pain (sans farine blanche), thon, saumon.

Un amaigrissement est souhaitable ainsi qu’une diminution significative de la prise d’alcool.

Lorsque les crises sont trop fréquentes, il faut alors réduire le taux d’acide urique dans le sang. Le médicament le plus prescrit est alors l’allopurinol. Depuis 2005, on dispose également du febuxostat. D’autres traitements peuvent être indiqués, incluant les corticostéroïdes.

Traitement de l’hyperuricémie majeure

Le traitement hospitalier de l’hyperuricémie majeure (dans le cadre de chimiothérapie) emploie l’uricozyme.

Article écrit le Lundi 26 mai 2008