Goutte

Résumé de cette rubrique sur la maladie de la goutte : traitement de la goutte, comment bien gérer ce problème de santé, la goutte chez la femme chez l’homme. Les traitements qui existent et les médicaments spécialisés pour cette maladie.


 
 
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  • Maladie de la goutte, lutter contre la goutte

    DEFINITION DE LA GOUTTE

    La goutte est liée à des dépôts tissulaires d’urate de sodium du fait d’une anomalie du métabolisme de l’acide urique. Sa traduction est essentiellement articulaire et rénale.

    INFORMATIONS SUR LA GOUTTE

    - Elle est fréquente,

    - Elle se voit essentiellement chez l’homme (90% des cas) et ne survient chez la femme qu’après la ménopause,

    - Elle se voit le plus souvent entre 30 et 50 ans chez l’homme qu’elle ne concerne jamais avant la puberté.

    - Habituellement, il s’agit d’une goutte primitive , favorisée dans son expression par la suralimentation, voire des médicaments (diurétiques, …).

    Parfois il s’agit d’une goutte secondaire à :

    Une insuffisance rénale,
    Une hémopathie (syndrome myéloprolifératif, leucémie),
    Un saturnisme
    La prise de médicaments (diurétiques thiazidiques, ciclosporine A, pyrazinamide).

    LES CAUSES DE LA GOUTTE ?

    1) La surcharge urique est essentiellement liée dans la goutte primitive à une exagération de la synthèse endogène des purines, dont l’acide urique est le catabolite ultime.

    En effet, parmi les autres facteurs susceptibles d’ accroître le ‘pool » de l’acide urique, l’exagération du catabolisme tissulaire n’intervient pas, tandis que l’augmentation des apports puriniques alimentaires et la diminution de l’élimination rénale ne jouent qu’un rôle accessoire ou occasionnel.

    2) Les raisons de cet « emballement » de la synthèse endogène de l’acide urique demeurent mal précisées.

    L’acide urique provient du métabolisme des nucléotides. La première étape de la dégradation des nucléoprotéines est réglée par la phosphoribosyl pyrophosphate synthétase (PRPP synthétase). Puis les nucléotides sont transformés en nucléosides, eux mêmes métabolisés en acide urique. L’acide urique provient de la xanthine grâce à la xanthine oxydase. Les purines peuvent être reconverties en nucléotides, en particulier par l’hypoxanthine guanine phosphoribosyl transférase (HGPRT).
    Le mécanisme exact du dérèglement métabolique dans la goutte habituelle primitive de l’adulte demeure inconnu bien que l’on suppose une anomalie enzymatique. Par contre des gouttes enzymopathiques sont connues : le déficit en HGPRT conduit à une forme exceptionnelle de goutte qui se voit chez le nourrisson (syndrome de LESCH et NYHAN); et plus rarement d’autres perturbations sont décrites comme l’hyperactivité de la PRPP synthétase.

    ETUDE CLINIQUE SUR LA GOUTTE

    La goutte se traduit par des manifestations aiguës et des manifestations chroniques qu’il faut étudier séparément.

    La goutte aiguë

    Traduction initiale de la maladie, la goutte aiguë se traduit par des crises douloureuses et fluxionnaires qui :

    * surviennent parfois dans des conditions particulières,
    * sont parfois annoncées par des prodromes,
    * siègent habituellement au gros orteil,
    * mais peuvent se voir en d’autres jointures,
    * et parfois même en dehors des articulations.

    1) – Conditions de survenue

    Elle survient souvent sans cause apparente, mais parfois après un écart de régime, un surmenage, un traumatisme, une intervention chirurgicale, ou la prise de certains médicaments (diurétiques thiazidiques …).

    2) – Les prodromes

    Ils sont inconstants :

    * Généraux : malaises, température sub-fébrile,
    * Viscéraux : insomnie, irritabilité, constipation, anorexie, dysurie, coliques néphrétiques.
    * Locaux : picotements, gonflement des veines.

    3) – La crise du gros orteil

    C’est la manifestation la plus typique. C’est le mode de début de la maladie 2 fois sur 3. Elle intéresse la première articulation métatarso-phalangienne.

    a) La crise typique

    Le début est brusque (souvent au milieu de la nuit), par des douleurs intenses, à type d’arrachement, de broiement, entraînant une hyperesthésie cutanée rendant très douloureux et insupportable le contact des draps ou l’examen local et s’accompagnant d’une véritable impotence empêchant le malade de se lever.

    Les signes inflammatoires locaux sont intenses avec :

    aspect rouge pivoine, luisant,
    augmentation de la chaleur locale,
    oedème local important avec turgescence veineuse.

  • Le traitement de la goutte

    Le traitement de la goutte :

    Votre médecin n’aura aucun mal à traiter votre crise de goutte.
    Les anti-inflammatoires et la colchicine sont efficaces. Une infiltration est plus puissante et plus rapide.
    Une question plus épineuse est celle du traitement de fond. En l’absence de complications à long terme de l’excès chronique d’acide urique, il ne devrait pas être systématique. Il est parfois même prescrit en l’absence de crise de goutte préalable.

    Cela peut sembler raisonnable et prudent quand les taux sanguins d’acide urique sont très élevés, mais le bénéfice n’est pas démontré. Quand il y a eu complication, 2 situations se présentent :
    1) Vous avez des crises répétées, s’enchaînant presque pour aboutir à un rhumatisme quasi-chronique. N’hésitez pas à prendre régulièrement votre traitement de fond. Attention, les débuts peuvent être difficiles: paradoxalement le démarrage du traitement de fond peut entraîner des accès goutteux, surtout s’il est irrégulièrement suivi: il entraîne des variations brutales du taux sanguin d’acide urique qui déclenchent les crises. Votre médecin vous conseillera la couverture prolongée par un anti-inflammatoire les premiers mois.
    2) Vous avez des crises espacées, rapidement contrôlées par les anti-inflammatoires. La pilule quotidienne n’est peut-être pas indispensable, surtout si vous n’avez aucun autre traitement et que vous risquez de l’oublier fréquemment. Des mesures préventives telles que boire beaucoup et éviter la consommation (abusive) d’aliments et boissons riches en purines, devraient suffire. Ayez toujours quelques comprimés anti-inflammatoires d’avance car pris très tôt (beaucoup de gens sentent arriver la crise par des impressions désagréables dans l’articulation), ils peuvent bloquer très efficacement l’accès goutteux. Source : http://rhumatologie.free.fr/biblioth/rhumatisme.html

    Il comporte un traitement symptomatique qui est celui des crises aiguës et un traitement physiopathogénique qui est le traitement de fond.

    TRAITEMENT DE LA CRISE AIGUE DE LA GOUTTE

    C’est le traitement symptomatique qui doit être énergique et précoce. Il comprend le repos, le régime et les médicaments.

    1) Le repos

    C’est un repos au lit, l’articulation malade étant protégée du poids des draps par un arceau et une vessie de glace pouvant être placée à son contact pour calmer la douleur (les baumes calmants ont généralement moins d’efficacité). Ce repos durera tant que les manifestations douloureuses ne seront pas calmées.

    2) Le régime

    Il comporte une alimentation légère à base de légumes, de fruits, d’hydrates de carbone avec 2 litres d’eau minérale par jour, dont 1/2 litre d’eau de VICHY pour alcaliniser les urines, avec interdiction de l’alcool et également les tous premiers jours, interdiction des graisses et de la viande (les grandes règles du régime général de la goutte devant bien entendu être respectées durant la période).

    3) Les médicaments

    Une première règle s’impose : ne pas utiliser les corticoïdes : en effet la CORTISONE par voie générale a un effet favorable immédiat, mais sa suppression aboutit généralement à l’apparition d’une rechute et la répétition du traitement au long cours tend à avoir une action défavorable sur l’évolution générale de la goutte créant des formes rebelles aux autres traitements (goutte cortisonée).

    En revanche les médicaments de la crise aiguë sont la COLCHICINE et les AINS en cas d’intolérance ou de résistance à la colchicine.

    a) La COLCHICINE

    C’est le traitement spécifique de la goutte. Son effet se manifeste en 10 à 24 heures en moyenne sur les douleurs et elle aboutit à la disparition totale de la crise en 3 à 4 jours en général.

    Le traitement se fait aux doses suivantes en général :

    3 comprimés à 1 mg le premier jour,
    2 comprimés à 1 mg les deux jours suivants,
    1 comprimé à 1 mg les trois ou quatres jours suivants,

    Les inconvénients du traitement sont représentés essentiellement par de la diarrhée que l’on peut essayer de combattre par des spécialités comprenant de la poudre d’opium (COLCHIMAX). Voir votre médecin!

    b) Les AINS

    L’ASPIRINE n’est pas utilisée dans le traitement de la crise de goutte car elle interfère avec l’élimination urinaire de l’acide urique et n’est active qu’à forte dose dépassant souvent 3 grammes, . La phénylbutazone (groupe des pyrazolés) est déconseillée du fait des risques hématologiques d’agranulocytose.

    Les AINS (FELDENE®, PROFENID®;,VOLTARENE® voir votre médecin) pourront donc être utilisés au besoin en remplacement de la COLCHICINE.

    TRAITEMENT DE FOND OU TRAITEMENT DE LA DIATHESE HYPERURICEMIQUE (GOUTTE)