Nucléaire : risque nucléaire et accident nucléaire

Au niveau microscopique, l’énergie nucléaire est l’énergie associée à la force de cohésion des nucléons, la force nucléaire forte (protons et neutrons) au sein du noyau des atomes. Les transformations du noyau libérant cette énergie sont appelées réactions nucléaires.
Au niveau macroscopique, l’énergie nucléaire correspond, d’une part à l’énergie libérée par les réactions de fusion nucléaire au sein des étoiles, d’autre part aux usages civils et militaires de l’énergie libérée lors des réactions de fission ou de fusion du noyau atomique.
Une sécurité nucléaire totale est-elle possible aujourd’hui ?
Aucune installation nucléaire n’est à l’abri, tôt ou tard, d’une erreur humaine, d’un acte de malveillance, d’un événement climatique ou d’une défaillance technique.
De nombreux risques nucléaire ont été mal pris en compte :
Protection insuffisante en cas d’attentat
Surchauffe en période de canicule
Risques sismiques, sous-estimés sur certains sites.
La sécurité nucléaire doit être assurée :
Au niveau des réacteurs
Lors du retraitement
Lors de la fabrication du combustible
Lors des transports de matières nucléaires.
En cas d’accidents nucléaires majeurs, que se passerait-il ?
Dans un pays aussi peuplé que la France, un accident nucléaire majeur aurait des conséquences dramatiques.
Des conséquences dramatiques : décès, handicaps et maladies, perte de millions d’hectares de sols contaminés pour des siècles…
Pour le cas de la France, si elle devenait la cible d’attaques terroristes ?
Avec ses 58 réacteurs, la France détient le record du pays le plus nucléarisé au monde par rapport au nombre d’habitants.
Si une centrale nucléaire est percutée par un avion gros porteur, cela entrainerait des conséquences catastrophiques, plus important que Tchernobyl.
En France, les centrales nucléaires n’ont pas été prévues pour résister à l’impact d’un avion de ligne selon plusieurs sources.
De toutes les installations nucléaires françaises, c’est probablement l’usine de retraitement de La Hague qui représente le plus grand danger, on y trouve la plus importante concentration mondiale en substances radioactives.
Un grave incident nucléaire en Suède, le 25 Juillet 2006
L’Europe est passée à deux doigts de la catastrophe nucléaire le 25 juillet 2006 à cause d’un court-circuit qui a provoqué le black-out d’un réacteur à Forsmark en Suède. Selon un ancien responsable de cette centrale, “C’est l’événement le plus dangereux depuis Harrisburg et Tchernobyl”.
On pourra toujours nous raconter que cela ne peut pas arriver aux réacteurs français parce que leur conception est différente mais c’est un court-circuit hors du réacteur qui a mis à genoux le réacteur suédois.
EDF et la DGSNR (Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection) doivent impérativement démontrer que ce risque n’existe pas en France. Jusqu’à preuve du contraire, l’accident majeur nucléaire est possible en France en raison d’un court-circuit sur le réseau électrique. En attendant, les 58 réacteurs nucléaires français doivent être inspectés minutieusement pour déterminer s’il y a, oui ou non, un tel défaut générique.
La technologie nucléaire est extrêmement fragile par essence parce qu’elle met en œuvre une infinité de procédés plus complexes les uns que les autres, rendant les sources d’accidents multiples et imprévisibles.
La crise nucléaire de Forsmark montre clairement que les réacteurs russes RBMK ne sont pas les seuls à être dangereux mais que, bien au contraire, tous les réacteurs nucléaires sont menaçants même s’ils sont construits par une des nations les plus développées au monde, la Suède. Le nucléaire nous fait prendre des risques ahurissants sans pouvoir assurer notre sécurité.
Simulation d’accident nucléaire à l’Ile-Longue : une mascarade et des questions fondamentales restent sans réponse
L’organisation le 29 avril par les autorités d’une simulation d’accident nucléaire à la base des sous-marins nucléaires de l’Ile-Longue est une véritable mascarade : les simulations d’accident nucléaire, de même que les distributions de pastilles d’iode, sont seulement destinées à faire accepter à la population l’éventualité pourtant intolérable d’une catastrophe nucléaire.
Avec ces exercices ridicules, les autorités reconnaissent néanmoins que le pire est possible. Il peut s’agir d’un drame accidentel ou causé par un acte terroriste, les deux pouvant occasionner un drame équivalent à Tchernobyl.
Les simulations n’apportent pas de réponses à des questions pourtant fondamentales :
- En cas d’accident nucléaire en France, que faire des millions d’habitants de la région ? Comment évacuer des millions de personnes ? Où les évacuer ? Pour combien de temps ?
- Le périmètre de quelques kilomètres concerné par les exercices officiels et les distributions de pastilles d’iode est proprement ridicule : le nuage radioactif de Tchernobyl a touché toute l’Europe !
- à Tchernobyl, 800 000 liquidateurs se sont sacrifiés pour stopper la catastrophe. Qui ira si une catastrophe nucléaire se produit en France ?
21 ans après la catastrophe de Tchernobyl, des zones entières sont évacuées pour des siècles, et des millions de personnes vivent toujours dans des zones contaminées, où la situation continue de s’aggraver: nourriture contaminée par le Césium, des milliers d’enfants touchés par des maladies de personnes âgées (cœur, foie, rhumatismes, etc.)…
Le nucléaire est un risque incomparable à tous les autres. La seule façon de se protéger contre ce risque est de fermer au plus vite toutes les installations nucléaires, et non d’organiser de dérisoires simulations et distributions de pastilles d’iode. Source : Réseau sortir du nucléaire
Centrale nucléaire de Fessenheim : trop, c’est trop.
Le 18 mars 2008 marque les 30 ans de fonctionnement du réacteur n°2 (*)
Ce mardi 18 mars 2008, il y a trente ans, le second réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim était mis en service. Conçu initialement pour durer une vingtaine d’années, selon les dires des ingénieurs de l’époque, ce réacteur et son “frère” n’auraient jamais dû être construits :
- installés en contrebas du Grand Canal d’Alsace, les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim sont exposés au risque de rupture brutale de la digue. Et le refus obstiné d’EDF d’envisager une telle possibilité ne réduira certainement pas le danger….
- implantée sur une faille sismique active, la centrale de Fessenheim ne résisterait pas à un séisme identique à celui qui a ravagé la ville de Bâle en 1356 : le Réseau “Sortir du nucléaire” a rendu public en juin 2003 des documents confidentiels, issus d’EDF, qui montraient que l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) contestait formellement les calculs d’EDF. Plus récemment, une nouvelle expertise suisse a montré que ce sont les fondements mêmes de l’étude originale qui devraient être revus.
Après 30 ans de service, interrompus par des incidents à répétition, après des centaines de millions d’euros dépensés en réparations et maintenances diverses, le bilan de ce réacteur est particulièrement éloquent :
- les deux dernières années, pendant lesquelles ce réacteur n’aura été disponible qu’à peine sept mois par an, figurent parmi les huit plus mauvaises années de fonctionnement depuis 30 ans.
- en 2007, le réacteur n°2 a dû être arrêté du 18 octobre au 30 décembre 2007, pour rechargement de combustible, mais aussi pour “plus de 6000 activités de contrôle et de maintenance” (dixit EDF), activités qui ont généré pas moins de 5 incidents et 7 cas de contamination radioactive sur les travailleurs impliqués dans ces opérations.
- début 2008, après deux mois et demi de travaux de maintenance, une fixation de tuyauterie a lâché à peine une semaine après le redémarrage : 5 jours d’arrêt et un nouvel incident lors du redémarrage du réacteur.
- depuis le 18 février, le réacteur est à nouveau à l’arrêt à cause d’une fuite radioactive du circuit primaire …
Sur deux mois et demi en 2008, le réacteur n°2 aura fonctionné moins de la moitié du temps, avec un manque à gagner de l’ordre de 160 000 euros par jour de panne : depuis le 1er janvier, ce sont déjà plus de cinq millions d’euros qui ont été perdus.
Quel que soit l’acharnement d’EDF à prolonger ce réacteur au-delà de toute logique technique ou financière, il est temps de se rendre à l’évidence : après trente ans de pannes et d’incidents divers, le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fessenheim est arrivé au-delà de ses limites. Dangereux par nature, un réacteur nucléaire l’est encore plus lorsqu’il est vieillissant.
Il est bien dommage qu’EDF et les autorités françaises ne saisissent pas la date cruciale du 18 mars 2008 pour fermer définitivement cette centrale. Si le pire se produit, les “responsables” seront totalement coupables. (*) Cf http://www.asn.fr/sections/infos-locales/division-strasbourg/centrale-fessenheim - Source : Réseau Sortir du Nucléaire
Les records de consommation d’électricité consacrent l’échec de l’option nucléaire française
Malgré la nécessité d’économiser l’énergie, la France vient une nouvelle fois de battre son record de consommation d’électricité avec une puissance appelée de 88,9 GW à 19h, lundi 17 décembre et de 88,2 GW, mardi 18 décembre à 19h. Pourtant, si les températures sont fraîches, elles ne sont pas extrêmes. Alors comment expliquer une telle consommation qui contraint la France à importer de l’électricité ?
Cette situation est la conséquence directe du « tout nucléaire » imposé en France depuis trente ans : pour légitimer la construction de 58 réacteurs, EDF et l’Etat ont mis en place le plus grand parc de chauffage électrique d’Europe [1], qui entraîne une surconsommation d’électricité et qui, par ailleurs, est un mode de chauffage ruineux pour les consommateurs. Le chauffage électrique qui obère le pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres est d’ailleurs interdit au Danemark dans toutes les constructions neuves.
Le nucléaire, dont la production manque de souplesse, est incapable de répondre aux pointes de consommation dont il est pourtant responsable. De fait, quand il fait froid comme actuellement, il faut faire fonctionner des centrales au charbon et au fioul fortement émettrices de CO2, mais aussi importer au tarif fort de l’électricité depuis les pays voisins. Mais ces derniers pourront-ils toujours fournir l’électricité manquante à la France ? La France n’est-elle pas sous la menace d’une pénurie d’électricité en cas de nouvelles baisses de la température et/ou d’indisponibilité de moyens de production ?
Or, il est possible de sortir rapidement de cette impasse énergétique. Selon l’étude sur des sorties du nucléaire en 5 ou 10 ans publiée par le Réseau « Sortir du nucléaire » [2], une campagne vigoureuse d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables sur 5 ans pourrait diminuer la consommation électrique de la France de 20 %. Pour cela, il faudrait lancer un programme d’isolation du bâti ancien et remplacer les équipements les plus gourmands en énergie (électroménager et éclairage) par des appareils sobres. Il faudrait aussi remplacer le chauffage électrique et les chauffe-eau électriques par des installations de chauffage utilisant la biomasse (bois, résidus de récolte, déchets organiques) et par des panneaux solaires thermiques.
Economies d’énergie et énergies renouvelables permettraient à la France d’améliorer réellement son indépendance énergétique et diminueraient sensiblement sa facture énergétique. Ces programmes créeraient en outre beaucoup plus d’emplois que la construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville, un investissement inutile et dangereux.
Il est plus que temps de changer notre manière de produire et de consommer l’énergie pour éviter ces pics de consommation et les risques de pénurie.
Source : Réseau Sortir du nucléaire
Vente de nucléaire à la Libye et humanitaire ?
Les marchés envisagés avec la Libye hier dévoilent les véritables intentions du Président de la République. Les raisons humanitaires ou les droits de l’Homme ont bon dos.
Les réseaux de ceux qui veulent vendre du nucléaire français partout dans le monde, à n’importe quel régime, et à n’importe quel prix ont agi avec un cynisme sans limite. La précipitation avec laquelle les choses se sont conclues démontrent bien que cette “affaire” politico-commerciale a été envisagée, voire négociée, bien avant la libération des infirmières.
Et comme d’habitude, on va nous expliquer qu’il n’y aucun risque de passage du nucléaire civil vers le nucléaire militaire. En ce sens, la France joue avec le feu en se faisant, dans le monde, l’agent commercial sans scrupule du nucléaire. La Libye a beau être ré-integrée dans le “concert des nations”, elle n’en reste pas moins un régime non démocratique.
Source :Yann Wehrling, Porte parole national des Verts
Des sites web avec de nombreuses informations sur le nucléaire :
http://nucleaire-nonmerci.net/
http://www.sortirdunucleaire.org/
http://www.sfen.org/
Mots clefs santé : accident nucleaire, anti nucleaire, dechet nucleaire, explosion nucleaire, Nucléaire
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