Rubrique Santé : DHEA

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La DHEA et les effets secondaires sur la santé

Dimanche 13 avril 2008

dhea

 

 

La dehydroépiandrostérone ou DHEA, est une hormone stéroïde, une cousine chimique de la testostérone et l’estrogène.
Elle est produite du cholestérol par les surrénales, situées au dessus des reins.
Pour les premières années de vie, les surrénales produisent très peu de DHEA. Elles commencent à en produire vers l’âge de 6 ou 7 ans.
La production est au maximum dans le milieu de la vingtaine, quand la DHEA est la plus concentrée des hormones en circulation.
Dès le début de la trentaine, il y a une décroisance progressive dans la production de la DHEA , et les personnes de 75 ans n’ont que 20% de la DHEA en circulation de ce qu’elles avaient 50 ans plus tôt. A tout âge, les hommes tendent à avoir des taux plus élevés que les femmes.

Dhea, effets secondaires :

Des études chez l’animal tendent à prouver un effet sur la mémoire des rats. Quant aux effets sur l’homme, le sujet reste entouré d’un grand mystère. On a pu établir que la DHEA est en partie synthétisée directement dans le cerveau et pourrait se fixer sur certains récepteurs impliqués dans les facultés d’apprentissage et de mémorisation. Toutefois peu d’études ont pu confirmer cet effet chez l’homme. Bien au contraire, on trouve plus facilement dans la littérature scientifique des études réfutant l’intérêt d’un apport supplémentaire de DHEA.

Publiées au début de cette année, deux études5,6 font le point sur les recherches effectuées à ce jour sur les effets de la DHEA sur les fonctions cognitives, la démence et la dépression. Les deux concluent que les données actuellement disponibles ne permettent pas de mettre clairement à jour une quelconque amélioration de la mémoire ou de l’état dépressif.

Ne pas associer un traitement à la DHEA avec un traitement hormonal substitutif !
La DHEA est transformée dans l’organisme en différentes hormones.
Ainsi, le cumul de ces deux traitements peut entraîner une augmentation des estrogènes qui peut représenter un risque de cancer hormonodépendant.
Quant à choisir entre les deux traitements, le dernier rapport de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé est sans appel : chez la femme ménopausée, le bénéfice du traitement hormonal substitutif oestro-progestatif est démontré.
Ce type de traitement ne doit en aucun cas être abandonné au profit d’un traitement par la DHEA dont les effets sont incertains. Ces deux traitements ne doivent pas être associés pour éviter un surdosage en oestrogènes.

Avec la DHEA et le veillissement, il n’y a pas de bénéfices prouvés et quelques risques potentiellement sérieux. Néanmoins, les gens se présentent en foule pour essayer cette substance virtuellement non règlementée, ce qui rend Arthur Feinberg, M.D., éditeur associé de HealthNews craintif :
“Le potentiel d’effets secondaires irréversibles est réel” “Alors, considérant qu’il n’y a pas d’évidence convainquante d’un bénéfice quelconque ave la DHEA, je crois sincèrement que les gens ne devraient pas l’utiliser.” (Extrait du numéro 19 nov. 1996, de HealthNews)

La DHEA, efficace ou non ?

Dans son rapport rendu le 3 juillet 2001 l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) propose une relecture de ces résultats.
Concernant les effets avancés, les experts estiment que les constatations observées peuvent être expliqués par “le simple hasard”, ou sont “modestes et discordants”, donc “de pertinence discutable”.
Ils concluent par : “Au total, aucune preuve formelle d’efficacité dans les pathologies associées au vieillissement n’a été établie, même si des pistes peuvent mériter des études ultérieures”.
La DHEA n’aurait montrée d’intérêt potentiel que pour le cas particulier d’insuffisances surrénales et dans le traitement du lupus.
Pour cette dernière indication, une autorisation de mise sur le marché américain a été déposé auprès de la Food and Drug Administration par les Laboratoires Genelabs Technologies.

Les contre-indications vis à vis de la DHEA :

Cette substance a plusieurs contre-indications.
Dans certains cas de cancer hormono-dépendants, la prise de cette hormone va favoriser un développement plus important des tumeurs.
D’autres effets secondaires potentiels ne sont pas non plus à prendre à la légère : acné, augmentation de la pilosité, dysménorrhée, insomnie, diminution du bon cholestérol, etc.
La DHEA doit donc être prise sous contrôle médical.

Les risques du DHEA :

Les principaux risques ont été rappelés dans le rapport de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire.
La prise de DHEA peut stimuler la croissance de cancers hormonodépendants (prostate, sein, utérus) ;
Le risque cardiovasculaire potentiel, lié à une baisse de l’HDL cholestérol, observé dans plusieurs études, doit être pris en considération notamment en cas de prise au long cours de DHEA.

Le communiqué de presse officiel de l’afssap sur la DHEA :

L’Afssaps a réuni, le 3 juillet 2001, un groupe d’experts sous la présidence du Pr. Charles Caulin, président de la commission d’autorisation de mise sur le marché, pour évaluer les données expérimentales, cliniques et épidémiologiques actuellement disponibles sur la DHEA. Au cours de la réunion, le Pr. Baulieu a pu présenter les informations les plus récentes sur le sujet.

La DHEA est un précurseur d’hormones sexuelles masculine (testostérone) et, à moindre degré, d’hormones féminine (estradiol). Il n’a pas été établi à ce jour une activité pharmacologique directe de la DHEA.

En ce qui concerne l’utilisation de la DHEA dans la lutte contre le vieillissement, les experts ont considéré que, dans les études disponibles y compris l’étude DHEAge, les preuves de son efficacité sont insuffisantes. Les propriétés prêtées à la DHEA n’ont pas été établies de façon indiscutable et des essais complémentaires doivent encore être menés.

Au plan de la sécurité, aux doses inférieures ou égales à 50 mg, il n’a pas été observé d’effets indésirables cliniques majeurs. Deux points ont pourtant retenu l’attention des experts. L’utilisation de la DHEA s’est accompagnée, dans plusieurs études, et même à faible doses, d’une diminution du cholestérol HDL (”bon” cholestérol) ; la DHEA est donc susceptible d’augmenter le risque de maladie cardio-vasculaire. Par ailleurs, du fait de sa transformation hormonale, elle peut favoriser ou aggraver les cancers hormonodépendants. Ces risques potentiels sont susceptibles d’être plus importants en cas d’augmentation des doses ou de la durée du traitement.

D’autre part, la DHEA a montré un intérêt potentiel dans le cas très particulier des insuffisances surrénaliennes et fait l’objet d’un programme de développement clinique avancé dans le traitement du lupus.

Au vu de l’analyse du groupe d’experts, l’Afssaps considère que l’utilisation de la DHEA doit être assujettie à la réglementation du médicament et qu’une information des professionnels de santé et du public doit être faite (rapport scientifique disponible sur le site de l’agence http://afssaps.sante.fr).

Compte tenu du contexte d’utilisation de la DHEA aujourd’hui, il est nécessaire de souligner les points suivants :

la prise de DHEA peut stimuler la croissance de cancers hormonodépendants (prostate, sein, utérus,) ;
le risque cardio-vasculaire potentiel, lié à une baisse de l’HDL cholestérol, observé dans plusieurs études, doit être pris en considération notamment en cas de prise au long cours de DHEA ;
chez la femme ménopausée, le bénéfice du traitement hormonal substitutif oestro-progestatif est démontré. Ce type de traitement ne doit en aucun cas être abandonné au profit d’un traitement par la DHEA dont les effets sont incertains. Ces deux traitements ne doivent pas être associés pour éviter un surdosage en œstrogène ;.
chez l’homme âgé, l’absence d’indice en faveur d’un bénéfice de la DHEA peut s’expliquer par le maintien d’une sécrétion testiculaire de testostérone. De plus, il existe un risque potentiel de développement de cancer de la prostate.
Pour toutes ces raisons, il ne peut être conseillé de prescrire la DHEA dans le cadre de la lutte contre les effets du vieillissement, quel que soit l’âge et le sexe. L’utilisation éventuelle de ce précurseur hormonal n’est donc pas justifiée en dehors des essais thérapeutiques ou de situations cliniques très particulières à juger au cas par cas. La DHEA nécessite une prescription et une surveillance médicale. En l’absence de spécialité pharmaceutique ayant une AMM, la préparation magistrale reste possible, délivrable uniquement sur ordonnance.

L’Afssaps poursuit l’évaluation de la qualité de la DHEA, notamment pour vérifier qu’elle est exempte de certaines impuretés potentiellement toxiques dont la présence dépend du mode de production.

L’Afssaps continue l’évaluation de l’efficacité et de la sécurité d’emploi de la DHEA au fur et à mesure des éléments nouveaux susceptibles d’apparaître.